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Elle ne digérait presque plus rien : fallait-il encore supprimer des aliments ?

Woman experiencing digestive problems and abdominal discomfort

CçIl y a quelque temps, une personne est venue me consulter parce qu’elle avait une digestion difficile.

Elle avait l’impression de ne plus pouvoir manger grand-chose.

Depuis plus de deux ans, elle souffrait de troubles digestifs importants : diarrhées quotidiennes, nausées, ballonnements et douleurs. Elle était également très fatiguée, très stressée et avait perdu beaucoup de poids.

Comme beaucoup de personnes qui souffrent après avoir mangé, elle avait progressivement supprimé les aliments qui semblaient lui poser problème.

Puis elle en avait supprimé d’autres.

Et encore d’autres.

Au moment où je l’ai rencontrée, son alimentation était devenue extrêmement restrictive.

Elle mangeait essentiellement du bouillon de poule, de la viande avec un peu de ghee et des yaourts de chèvre ou de brebis faits maison, et tout le reste restait difficile voir impossible à digérer correctement.

Le bœuf ne passait plus.
Les œufs non plus.
Les jaunes d’œufs étaient difficiles à tolérer.
Les glucides et les aliments sucrés semblaient également impossibles à digérer.

Elle mangeait de moins en moins… et continuait à perdre du poids.

Dans une situation comme celle-ci, la question n’est plus simplement :

« Quel aliment faut-il encore supprimer ? »

Il faut aussi se demander :

« Pourquoi le système digestif est-il devenu si sensible ? Une digestion difficile n’est pas toujours liée aux aliments eux-mêmes.

Digestion difficile : quand supprimer des aliments devient un cercle vicieux

Une éviction alimentaire peut parfois être utile.

Lorsqu’un aliment provoque systématiquement des symptômes, l’enlever temporairement peut permettre d’apaiser la situation.

Mais il existe un risque : chaque nouveau symptôme peut conduire à supprimer un nouvel aliment.

Petit à petit, la liste des aliments « autorisés » devient minuscule.

Et lorsqu’une personne souffre déjà de diarrhées chroniques et perd du poids, une alimentation extrêmement restrictive peut devenir un problème supplémentaire.

Dans ce type de situation, mon objectif n’est donc pas simplement de demander :

« Qu’est-ce qu’elle ne tolère pas ? »

Je veux aussi comprendre :

« Qu’est-ce qui s’est passé pour qu’elle ne le tolère plus ? »

Nous avons commencé très doucement

Il n’était évidemment pas question de bouleverser son alimentation du jour au lendemain.

Nous avons commencé progressivement, en essayant de réintroduire certains aliments un par un, en petites quantités, tout en observant ses réactions.

Par exemple, le beurre.

Puis l’huile de coco.

Puis les œufs.

L’objectif était d’élargir progressivement son alimentation sans brusquer un système digestif devenu extrêmement sensible.

Et surtout, de ne plus considérer automatiquement chaque aliment comme un ennemi.

Quelques mois plus tard…

J’ai récemment reçu de ses nouvelles.

Elle me disait qu’elle digérait de mieux en mieux.

Et surtout, après avoir continué à perdre du poids pendant longtemps, elle avait enfin commencé à en reprendre.

Son parcours n’est pas terminé.

Mais cette évolution est importante.

Et elle illustre quelque chose que j’observe régulièrement dans mon travail :

lorsque l’alimentation devient de plus en plus restrictive, la solution n’est pas nécessairement de trouver le prochain aliment à supprimer.

Il faut essayer de comprendre pourquoi la digestion s’est dégradée.

Vous ne digérez plus comme avant ?

Peut-être que votre situation est beaucoup moins importante que celle que je viens de raconter.

Mais vous vous reconnaîtrez peut-être dans ce mécanisme.

Vous avez commencé par supprimer un aliment.

Puis un deuxième.

Vous évitez désormais certains repas parce que vous avez peur d’être ballonné(e), d’avoir des reflux, des douleurs ou de mal digérer.

Et finalement, vous ne savez plus vraiment ce que vous pouvez manger.

C’est précisément à ce moment-là qu’une approche individualisée peut devenir utile.

Après 38 ans de consultations, je ne cherche pas à appliquer le même protocole à tout le monde.

Je cherche à comprendre votre histoire, vos symptômes, votre alimentation et ce qui a changé lorsque vos problèmes ont commencé.

Parce que deux personnes qui ne digèrent plus les mêmes aliments peuvent avoir des histoires et des besoins complètement différents.

Le microbiote intestinal peut également jouer un rôle important dans les ballonnements et autres troubles digestifs. J’en parle plus en détail dans cet article.

Si vous avez l’impression d’avoir déjà essayé beaucoup de choses et que votre digestion continue à vous compliquer la vie, je peux vous aider à faire le point.

→ PRENDRE RENDEZ-VOUS POUR UNE CONSULTATION

Des diarrhées persistantes, une perte de poids involontaire importante, du sang dans les selles, des vomissements persistants ou d’autres symptômes préoccupants nécessitent une évaluation médicale. Une consultation en naturopathie ne remplace pas un diagnostic ou un suivi médical.

Béatrice Levinson
Spécialiste du lien intestin-cerveau et des troubles digestifs chroniques
38 ans d’expérience